Historique de la commune

Rétrospectives…
La révolution Française en Bretagne

La révolution Française en Bretagne

 

La révolution Française commence à Rennes bien avant la prise de la Bastille du 14 juillet 1789.

Moulin à grains du XVIIIème siècle

Ordonnance pour affichage en mairie du prix du pain

La mauvaise récolte de l’été 1788 fait tripler les prix du grain et du pain. Des émeutes se multiplient sur les marchés. Des boulangeries de Rennes sont pillées. Les négociants annulent les transports du grain et de la farine. Les cahiers de doléances des paroisses remplis pour les Etats Généraux de 1789 ne sont que protestations.
Le Tiers Etat réclame la réforme des Institutions Bretonnes : le 27 janvier 1789, des incidents éclatent entre nobles qui ne veulent pas abandonner leurs privilèges et les étudiants et
jeunes bourgeois pro-révolutionnaires. Le Tiers Etat Breton élit aux états généraux des députés dont certains fonderont plus tard le club des Jacobins. La noblesse et le Haut Clergé, au nom du respect de la constitution bretonne refusent la nouvelle procédure d’élection des députés en n’envoyant aucun représentant à Versailles.

C’est le début des conflits qui aboutiront à l’insurrection royaliste, la terreur et la Chouannerie, guerre civile qui durera presque 10 ans en Bretagne.
Bientôt les départements remplacent la province. La Bretagne est découpée en cinq départements : le département d’Ille-et-Vilaine est crée, avec son conseil général. L’état civil
précédemment suivi par le curé est rédigé par l’officier d’état civil. On crée les cantons composés d’élus communaux et représentés par un président et les administrations
communales deviennent communes dont le premier représentant est le maire. La maison communale deviendra ensuite la mairie.

 

La révolution Française à L’Hermitage et dans le canton

Plantation de l’arbre de la liberté : symbole de la révolution et de la future république

A L’Hermitage, elle a eu lieu le 20 Pluviose an II : (soit le 20 février 1794)
« Aujourd’hui, le citoyen maire a dit que l’objet de la délibération était de planter l’arbre et le bonnet de la liberté. Aussitôt que l’intention du citoyen maire a été manifestée, ils se sont tous transportés à l’envie pour déraciner un arbre, lequel a été mené sur le pâtis de la commune au milieu des cris de Vive la République. Les citoyens se sont disputés à l’envie de le planter. Ce qui a été fait avec une célérité extraordinaire. Aussitôt debout, ils ont crié : Egalité, Liberté, Vive la République Française. Le citoyen maire a demandé le silence, s’est décoré d’une écharpe tricolore et dit : « Frères citoyens, cet arbre est sous la protection des citoyens de la commune, plutôt mourir que le voir tomber. »

L’écharpe du citoyen maire Pierre Closier

Le bonnet « rouge » ou bonnet phrygien avec sa cocarde

Le citoyen maire a ensuite distribué les cocardes tricolores à tous les citoyens. Le nombre, quelque considérable n’a pas été suffisant. Il a été arrêté qu’il serait tracé en gros caractères et cloué au pied de l’arbre les mots : Liberté, Egalité ou la mort, Dévouement à la patrie et respect et soumission à la loi : assistance à nos frères. Vive la République Française Une et Indivisible. Le citoyen Barbarin attaqué vivement par la goutte a marqué le regret qu’il avait de ne pouvoir se transporter avec nous au pied de l’arbre de la
liberté. Mais du seuil de la porte, il a crié avec nous : Libre ou mourir. Le citoyen maire Pierre Closier, revêtu d’un bonnet rouge a placé le premier clou avec une vivacité
vraiment républicaine. Tous les citoyens se sont retirés en paix, boire à la santé des hommes libres. »

 

Ce premier arbre aurait été offert par Jean De Farcy du château de la Ville aux Bois en Mordelles (dixit Mme
Vallée). Il a été déraciné dès les premiers actes de révolte au tout début de la guerre civile. De Farcy
deviendra plus tard chef chouan de l’arrondissement de Mordelles.

Le saviez-vous ?

L’un des timbres de la Poste sorti lors du bicentenaire

Le calendrier républicain ou révolutionnaire est apparu dès la prise de la bastille, 1789
devient l’an I de la liberté. Il est réellement entré en vigueur le 24 novembre 1793 et s’est terminé le 1er janvier
1806 à la demande de Napoléon. L’an I correspond à 1792/93.

C’est le poète Fabre d’Eglantine qui a proposé la nouvelle dénomination des mois correspondant aux saisons :
Automne avec vendémiaire (vendanges), brumaire (brumes) et frimaire (frimas),
– l’hiver avec nivôse (neiges) pluviôse (pluies) et ventôse (vents),
– le printemps c’est germinal (germes), floréal (fleurs) et prairial (prairies)
– et l’été avec messidor (moissons), thermidor (chaleurs) et fructidor (fruits)

 

Le commissaire du directoire exécutif entré à l’assemblée du 9 pluviose an 6 fait cette annonce :

« Citoyens, j’ai cru de mon devoir de faire diligence pour faire planter ce jour au chef lieu de ce canton, l’arbre chéri des français. Je n’ai pas encore reçu officiellement la loi qui oblige les communes à faire à leur frais cette plantation. Je n’en ai pas moins agi de concert avec le vice président de cette
administration (Pierre Closier, Maire de la commune), pour donner à cette fête tout l’éclat dont elle est susceptible. Vous avez du recevoir de moi,
citoyens, à cette occasion, une circulaire que je vous ai adressée le 5 de ce mois. Un chêne vivace est tout préparé. Je vous invite à vouloir bien donner tous vos soins à ce qu’il soit planté avec précaution. Je requiert de même qu’à la diligence des agents municipaux, la même cérémonie ait lieu, sans retard dans toutes les communes du canton, au désir de la loi rendue sur cet objet. Voulant encore donner à cette fête un nouveau degré de joie et de gaieté, nous avons fait préparé un repas civique et frugal auquel vous êtes tous invités à vous rendre après la cérémonie. »
L’assemblée a ensuite voté son emplacement : il sera planté sur le bord de la grande route à l’angle de midi et occident du bourg. Il sera encore détruit
lors des différents actes de chouannerie et de vandalisme. Il sera planté une troisième fois en l’an 7 en remplacement de celui de l’année d’avant, sur la
grande route. Impossible de savoir s’il a résisté, car il n’existe plus d’écrits ou de témoignages sur cet arbre après 1800.

Plantation de l’arbre de la Liberté en l’An II

Ce que la Révolution Française à apporté L’Hermitage

C’est en 1792 que les registres de baptême, mariage et enterrement des paroisses remplis par les gens d’église devient « l’état civil » avec des actes de naissance, de mariage et de décès. Ils sont alors actés dans les registres par l’officier d’état civil : le maire ou l’instituteur du village qui est le premier secrétaire de mairie.

L’Hermitage, nommée chef lieu de canton pendant 10 ans avant Mordelles

 

Le premier acte d’état civil du registre de la commune

C’est d’abord Le Rheu qui a été nommé chef lieu de Canton provisoirement avant les élections. La nomination du chef lieu de canton définitif fut houleuse : chaque commune trouvant argument pour avoir ce privilège. Finalement, les parties n’arrivant pas à s’entendre, les commissaires du Roi donnent leurs avis dans un rapport. Et Charles Toullier le 25 août 1790 propose L’Hermitage et pour arguments : « L’Hermitage, local tellement au centre que les habitants de Saint Gilles (qui deviendra Gilles des Bois) sont obligés de traverser L’Hermitage pour se rendre au Rheu. Cette expérience et la connaissance du local ne permettent pas de laisser Le Rheu chef-lieu de canton. Le Rheu pourrait convenir si le canton ne comportait qu’une assemblée primaire, mais il en exige deux et par l’effet nécessaire de la division. Le Rheu se trouve nécessairement à l’extrémité d’une division. Il peut à quelques égards, être fort indifférent où fixer le chef-lieu de canton. Les assemblées doivent être une à Mordelles et l’autre à L’Hermitage. Mais laquelle des deux municipalités sera le chef lieu ? Celle de Mordelles est beaucoup plus considérable sous les trois rapports à envisager, le territoire, la population et l’impôt : elle est d’ailleurs située sur une grande route, elle a un bourg dans lequel se trouvent des commodités qui ne se rencontrent pas à L’Hermitage. Cette dernière est plus au centre du canton que Mordelles. Je crois donc que L’Hermitage doit être le chef lieu de la deuxième assemblée primaire du canton. »

 

Les maires se sont succédés pendant les premières années et jusqu’en 1803

 

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